22 avril 2008
Chronique d'une soirée étudiante
La K’fet sur Yvette est une
association de l’Université Paris Sud 11 qui participe à la vie culturelle du
Campus d’Orsay et à la rencontre des populations locales.
Ce 18 avril 2008, comme tous les
vendredi, a lieu un concert gratuit Chez Yvette. Ce soir, au programme, un
concert funk.
Lors de la soirée, un accrochage
bénin est réglé par le dialogue en interne. La sécurité du campus est prévenue
à titre préventif selon l’usage.
Le concert se déroule alors dans
une ambiance conviviale.
Peu après, des gardiens de la
paix sont remarqués à l’extérieur de l’association. Très vite, ils demandent
une première évacuation. Il est même demandé aux organisateurs « de prévenir les gens que nous
connaissons de sortir avant qu’ils entrent afin qu’ils n’aient pas à faire le
tri entre les gens des Ulis et les autres ».
Alors que l’évacuation se fait
dans le calme et que les premières personnes commencent à sortir, les agents
des forces de l’ordre, équipés de matériel anti-émeute (bombes lacrymogènes,
gels lacrymogènes, flashballs, chevrotines en caoutchouc, chiens et tonfas)
investissent la salle (~90m²) en bloquant deux des trois issues.
Une trentaine de personnes est
encore présente dans la salle quand soudainement des grenades lacrymogènes sont
tirées, dont certaines à moins de 5m. Elles sont immédiatement suivies de tirs de
flashballs et de chevrotines en caoutchouc, tirés à l’aveugle du fait de la
fumée des gaz.
L’ensemble des tirs est concentré
vers la seule issue de secours où sont regroupés les personnes qui essayent d’évacuer
les lieux et un des tirs touche de plein fouet la roue du fauteuil roulant d’un
adhèrent de l’association, atteint d’une maladie orpheline.
Dans la panique, tout le monde
sort. Les forces de l’ordre attendent à l’extérieur et tirent, à vue, au
flashball.
Une véritable chasse à l’homme
s’organise alors que des gens tentaient de regagner leur domicile.
Il n’y a eu aucun contrôle d’identité,
aucune interpellation.
Des blessés se sont présentés à
l’hôpital d’Orsay pour y être examiné. Le personnel n’a pas pu approcher
certains d’entre eux car ils sentaient trop le gaz lacrymogène.
Toute cette scène a été filmée
par la caméra de vidéo surveillance du campus. (V. - Toute personne
intéressée peut s'adresser au responsable d'un système de vidéosurveillance
afin d'obtenir un accès aux enregistrements qui la concernent ou d'en vérifier
la destruction dans le délai prévu.) Loi n°95-73 du 21
janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité,
version consolidée au 30 mars 2007